| |
| |
|
|
Le Val Montjoie
a été précocement peuplé et habité.
On a trouvé des outils de silex au dessus du Truc,
qui doivent dater du néolithique récent (3000-2000
avant J.C.). L'analyse des pollens atteste la présence
d'une agriculture céréalière entre 2700
et 2300 avant J.C.
Les
Ceutrons
Les hautes vallées alpines (Montjoie, Val d'Arly, Tarentaise,
Beaufortin Chamonix), étaient habitées par les
Ceutrons, peuplades Celtes tardivement pacifiées par
les Romains, qui ont ensuite arbitré les conflits avec
leurs voisins Allobroges de la vallée de l'Arve en
74 après J.C. (Cf Borne de Larioz, à la Forclaz).
L'oppidum
des Amerands
Nous avons également les traces d'un oppidum aux Amerands
dominant l'entrée Nord-ouest de la vallée, à
proximité duquel nous avons quelques traces de pièces
romaines (trésor de Robinson).
La vallée du Bon Nant a donc été, dès
le premier siècle, un lieu de passage (col du Joly,
col du Bonhomme, col de la Seigne), et de pâture.
|
|
| |
|
|
|
Mandement
de Montjoie
Le Val Montjoie devient administrativement le mandement de
Montjoie qui comprend 63 "villae" pour cette châtellenie
en 1377.
Les
Paroisses
La vallée regroupe deux grandes paroisses Saint
Nicolas de Véroce au sud, et Saint-Gervais
au nord, sans oublier une micro paroisse de création
tardive de Notre Dame de
la Gorge, dès le XIIème siècle.
Le
Val Montjoie savoyard
En 1355 le Val Montjoie cesse d'être le bastion avancé
du Faucigny et rejoint le comté de Savoie. La disparition
de la frontière, laisse à l'abandon le château
des Contamines. Le pouvoir, qui devient essentiellement économique,
se replie sur Gervais (château de la Comtesse).
|
| |
|
|
Dès
le XIVème, la vie rurale s'organise autour d'une douzaine
de hameaux disséminés sur les deux versants
Bionnasset, Bionnay, Le Champel, Montivon, La Gruvaz, Les
Pratz, Orsin, la Planchette, la Cry, Cupelin, la Forêt.
Le bourg n'est qu'un petit hameau parmi les autres.
La
foire d'automne (1371)
Saint-Gervais participe à l'essor commercial de la
fin du Moyen-Age et organise l'une des trois grandes foires
importantes des Alpes du Nord, avec Martigny en Valais (1392)
et Sembrancher en val d'Aoste (foire d'automne).
La
montagne à vaches
L'élevage domine, mais contrairement aux idées
reçues, la domination de l'élevage bovin ne
s'affirme qu'au XVIIIème siècle ; auparavant
les ovins et les caprins dominaient le cheptel.
Les
alpages
Suite aux albergements de 1287 et 1307, la communauté
locale obtient de la comtesse Beatrix, la propriété
des montagnes ou alpages. La gestion de ces propriété
indivises ou communales permet un apprentissage précoce
de la démocratie locale. Les montagnes de Voza et du
Prarion, de Miage et de Tricot d'Hermance et Mont d'Arbois
sont communes à tous les hameaux qui se trouvaient
à leurs pieds.
Châteaux
et maisons fortes
La plupart des demeures nobles ont disparu et ne laissent
percevoir que quelques petits morceaux de ruines comme le
Châtelet, la tour de Bongain côté Neirey,
le château de Menthon, côté La Villette.
On a aussi les traces plus hypothétiques des châteaux
du Rosay, de Cupelin et du Freney.
- Hautetour : Maison forte ou
Château ?
On connaît fort mal cette demeure qui n'est citée
qu'en 1603, mais d'origine très ancienne, vu sa position
de commandement de tous les accès de Saint-Gervais.
Cette maison forte a connu un rayonnement important comme
le montre ses ouvertures à meneaux, bien remises
en valeur dans l'état des lieux fait par l'architecte
Alain Daronian.
- La comtesse
C'est la mieux conservée et la plus récente
des maisons fortes. Elle correspond au déplacement
géographique du pouvoir politique dans la vallée
et à la prospérité économique
de Saint-Gervais au XIVème.
|
|
L'émigration
des XVI, XVII et XVIIIèmes siècles
Après des années difficiles (guerres, pestes,
l'équation terre - essor démographique) les
habitants du Val Montjoie ont dû émigrer en grand
nombre vers les "Allemagnes" dans le négoce
comme colporteurs. Certains vont s'enrichir, mais la grande
majorité doit se contenter de survivre (cf Roman de
J.P. GAY "Le neveu de Gaspar"). Les réussites
spectaculaires de certains vont profiter à leur village
d'origine : fondations pour les écoles, constructions
des églises, des chapelles ou solidarité sociale
comme le fameux hôpital de St Nicolas de Véroce.
Les
joyaux du baroque : XVII et XVIIIèmes siècles
De cette période date la construction des églises
par les architectes du Val Sesia avec le soutien des quelques
émigrés qui ont fait fortune comme Nicolas Revenaz
des Pratz.
- 1698 : l'église
de Saint-Gervais
Saint-Gervais est une église de type halle sans transept.
Son clocher fut détruit par la foudre en 1792, reconstruit
seulement en 1819, sous la restauration Sarde, par l'architecte
Claude François Amoudruz de Samoëns. C'est un
clocher aux "souples étagements et bulbes légèrement
écrasés"
- 1729 : l'église
de Saint Nicolas de Véroce
L'église de Saint Nicolas fut elle aussi reconstruite
avec l'aide des émigrés et terminée
en 1729. C'est un véritable petit musée du
baroque populaire avec ses multiples aménagements
au cours du XVIII

- Les chapelles
La plupart des hameaux ont construit leur chapelle, petite
église baroque miniature avec leur retable comme
celles des Plans, de Véroce, des Pratz et surtout
celle des Chattrix.
|
| |
|
|
1806
: découverte des sources thermales au Fayet. Développement
des bains qui permettent à Saint-Gervais de participer
à la grande vogue des bains au XIXème siècle.
600 baigneurs dès 1824.
- 1892 : la catastrophe
du 12 juillet 1892 stoppe brutalement cette prospérité.
Une coulée de lave détruit le bâtiment
et fait plus de 200 victimes.
À l'origine de cette catastrophe, une poche d'eau
accumulée sous le glacier de Tête Rousse qui
se rompt dans la nuit du 12 juillet 1892, emprunte la combe
de Bionnasset, détruit en partie le village de Bionnay,
avant de s'enfoncer dans la gorge du Bon Nant.
L'établissement thermal qui se trouve au pied de
la gorge est emporté par la force de la coulée
de lave de boue et de rochers.
- Notons au passage que ce glacier est purgé chaque
année au moyen d'une galerie creusée sous
le glacier par les services du RTM pour empêcher le
retour d'un tel événement.
- Depuis les thermes se sont à nouveau développés
et sont reconnus dans le milieu médical pour le traitement
des maladies ORL et les grands brûlés, avec
également une gamme de produits cosmétiques.
Le nombre de curistes ne cesse d'augmenter passant de 1853
curistes dans les années 1973 à près
de 5000 curistes actuellement. |
| |
|
|
Les
précurseurs
- Le Mont Blanc culmine sur le territoire de la commune
et le chemin le plus évident pour rejoindre cette
cime passe par Saint-Gervais.
- Dès 1784, des alpinistes dont Cuidet de Saint-Gervais
ont failli réussir la première ascension du
toit de l'europe ; mais ils ont butté devant l'arrête
des bosses, deux ans avant la première chamoniarde
de 1786.
- 1815 - 1820 :
nouvel échec du Dr Hamel, conseiller du Tsar
- 1808 : la première
femme à accéder au Mont-Blanc, via chamonix,
est une Saint-Gervolaine d'origine : Marie Paradis.
1855
: ouverture de la voie royale
En
1855, les britanniques
Hudson, Kennedy, Smythe arrivent au sommet du Mont-Blanc
en venant de Saint-Gervais, mais en évitant l'arête
des Bosses.
- En 1859, l'arête
des bosses est ouverte par le même Hudson la voie
royale est définitivement ouverte et la même
année construction de la cabane du Goûter pour
servir de refuge aux alpinistes empruntant cette voie.
- En 1864, les guides
du val Montjoie organisent la compagnie des guides de Saint-Gervais
pour amener les alpinistes au Mont-Blanc par la voie saint-gervolaine.
mais c'est le train qui va confirmer la "voie royale"
par Saint-Gervais.
L'arrivée
du train en 1898
La société PLM amène le train à
Saint-Gervais dans le bas de la commune, au Fayet. L'arrivée
du train va faire de ce petit hameau, le deuxième centre
de la commune.
1904
: le Tramway du Mont Blanc
La voie royale d'accès au Mont Blanc, point culminant
de la commune et de l'Europe, a toujours alimenté l'imaginaire
des techniciens du XIXème siècle qui ont souvent
rêvé de faire monter leur machine jusqu'au sommet
!
- Le premier projet date de 1834.
- À la fin du siècle les projets se multiplient
: comme le projet Issartier de 1895 tout en souterrain :
train + ascenseur. Deux projets plus sérieux entrent
en concurrence en 1899, en version chemin de fer complète.
Le premier soutenu par Vallot et Fabre part des Houches
favorise la vallée de Chamonix. Le second est soutenu
par Dupportal qui a le mérite d'avoir amené
le train au Fayet. C'est un contre projet qui se présente
en tramway et qui reste totalement à l'air libre.
C'est ce projet saint gervolain qui l'emporte en 1904, et
confirme la voie royale du Mont-Blanc par Saint-Gervais.
- Le TMB
13 km de voies pour le plus beau des voyages initiatiques
au départ de 600 mètres jusqu'à 2500
mètres pendant 1h15 de trajet à 15 km/h, pour
découvrir tous les étages alpins, les différents
massifs, les deux grandes vallées de Montjoie et
Chamonix, passant du milieu urbain, à la forêt,
aux prairies alpines, à la haute montagne.
Dès 1909, le col de Voza est atteint, puis Bellevue,
le Mont Lachat, et le Nid d'Aigle en 1912. Mais le train
n'ira jamais plus loin que ce terminus provisoire qui dure
depuis 90 ans.
|
| |
|
|
Période florissante de Saint-Gervais qui atteint un
renom international. Les entrepreneurs locaux, souvent issus
de l'émigration parisienne, construisent les grands
hôtels de Saint-Gervais comme le Mont-Joly Palace, pour
recevoir les invités de marque comme la duchesse d'Orléans,
l'Agakhan, le maréchal Joffre, la reine de Hollande,
Jean-Pierre Blum, ou le créateur d'Arsène Lupin.
Ces grands hôtels vont marquer la station au début
du XXème siècle :ce sont eux qui vont façonner
le bourg avec les villas construites par cette clientèle
bourgeoise et aristocratique du début de ce siècle.
Ils vont décliner dans les années "trente".
Le
Climatisme
- Le Saint-Gervais des
maisons d'enfants 1930 - 1970
À partir de 1922, avec le Dr Paillet, Saint-Gervais
va connaître un nouveau cycle de développement
avec les maisons d'enfants. Une trentaine de maisons accueilleront
plus de 1000 enfants pendant une quarantaine d'années.
|
|
| |
|
|

Cette aventure commence avec la construction du téléphérique
Saint-Gervais - Le Bettex en 1936 par la famille Viard, en
même temps que l'arrivée d'un téléphérique
à Bellevue côté Prarion, puis au Mont
d'Arbois en 1937 permettant l'accès au domaine skiable
du Mont d'Arbois.
Depuis l'équipement des deux massifs Arbois et Prarion
n'a cessé de se développer, pour devenir l'activité
principale de cette station multicarte avec l'urbanisme correspondant
: résidences secondaires et immeubles locatifs.
|
| |
|
Nicolas Carrier - la vie montagnarde en Faucigny
Henri BAUD - la vallée de Montjoie des origines à
l'organisation des paroisses
J.P. GAY - ND de la gorge - Le neveu de Gaspard, roman historique
Gabriel Grandjacques - Saint-Gervais et le val Montjoie -
Passy
G Maistre, G Heitz - colporteurs et marchands savoyards aux
XVII et XVIIIèmes siècles
Albert Mermoud
Revue "en Coutère" - revue annuelle de 24
numéros consacrés à l'histoire locale
du Val montjoie
Rédaction: Gabriel Grandjacques et club HTL
|
|
|